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Deux ?

Plusieurs se demanderont quel est le lien du titre de mon blog avec ma personne. Eh bien, je dois dire que le chiffre deux est un chiffre qui me définie énormément et qui me permet de définir ma vie, mon entourage, mes passions et mes enfants.

Deux ? Deux prénoms, deux grossesses, deux enfants qui ont deux nationalités, deux origines, deux pays, vivre à deux, deux appartements… Je suis passée d’une religion à une autre, d’un continent à l’autre.

J’ai toujours aimé voyager et l’étranger m’a sans cesse interpellé depuis ma tendre enfance. Toute petite, je répétais à ma mère que je me marierais avec une-personne-d’un-autre-pays. C’est ainsi que ma mère m’avait appris à nommer les ”étrangers”. L’Orient et ses effluves parfumées m’a toujours fait rêver. Ah, les milles et une nuits… Si je croyais en la réincarnation, j’affirmerais sans conteste que j’ai été d’origine arabe dans une autre vie. L’Afrique m’a toujours intriguée. Plus petite, j’aspirais à un emploi plutôt difficile: l’archéologie. J’ai rapidement changé d’idée. Les rêves ne font de mal à personne, sauf que parfois, ils se doivent de rester de l’ordre du fabuleux. Pour palier à ce rêve, je voyage ici et là et je passe d’innombrables heures à visiter des musées et mieux encore, à visiter des sites anciens, à admirer les réussites architecturales d’autrefois et à chercher des petits lieux perdus ici et là. Il est évident qu’ayant une âme de grande voyageuse, tout plein de destinations me font frémir: la Nouvelle-Zélande, l’Égypte, le Kenya, l’Australie, la Grèce, la Thaïlande, le Pérou. Sauf que mon attirance principale a toujours été les pays ”arabes” et du Maghreb.

C’est pourquoi je n’ai pas hésité lorsque j’ai eu la chance, il y a plus de 7 ans, de partir travailler au Maroc. Les quatre années et des poussières que j’y ai passées ont été les plus belles de ma vie. Lorsque je me remémore le Maroc, un tas de bruits de fond me viennent à l’esprit: le cri du vendeur de poissons qui pousse sa petite charrue sous ma fenêtre un matin par semaine, les klaxons qui se font entendre à tout vent, les gens s’exprimant très fort, les dragueurs suivants les femmes en les appelant gazelles (lghezalla) ou chéries (habiba). Des parfums agréables (les épices au marché), mais aussi désagréables (les olives en vrac, la sueur de ceux qui se lavent une fois par semaine) refont surface. Et que dire de la beauté du pays et de la beauté de sa gente masculine! Je ne pouvais pas éviter d’épouser un marocain. Je crois que je l’aurais regretté. D’autant plus qu’intérieurement parlant, je suis beaucoup plus maghrébine que canadienne. J’ai non seulement déniché un mari extra, mais j’ai trouvé mon port d’attache, mes racines passions et mon pays d’apprentissage. Ce ne fût pas évident d’apprendre la langue arabe, d’apprendre à sortir seule et savoir se débrouiller en cas d’embrouilles. Mais c’était un défi à relever et je crois bien mériter une petite mention.

De mon mariage avec mon étranger sont nés deux mômes extras! Des petits métis aux yeux noirs et la peau matte. Ne dit-on pas que les enfants issus de mélanges sont les plus jolis ? Hmm, on dit aussi qu’une mère trouvera toujours craquant son gamin!

Après ces quatre années passées sous le soleil, nous avons rallié tout ce que nous avions de courage pour refaire bagages et rentrer au Québec, pays du froid glacial qui n’attirait guère mon p’tit mari. Contrairement à plusieurs de ses ressortissants qui sont prêts à tout pour quitter leur Maghreb, mon mari appréhendait de quitter le Maroc, pays de ses racines. À ce jour, il est bien intégré et arrive à énumérer les bonnes choses du Canada, sauf qu’il a oublié une partie de son coeur de l’autre côté de l’Atlantique.

Le retour définitif au Maroc se fera d’ici quelques années, mais d’ici là, j’aurai le temps de laisser mes doigts couler sur ce clavier afin de vous faire partager mes états d’âme, mes coups de gueule et mes p’tits bonheurs. Je n’ai aucune espérance quant aux lecteurs de mon blog. J’ai appris une chose dans la vie: l’espoir fait vivre, sauf qu’il peut tuer à petit feu également!

Bonne lecture et au plaisir de vous lire!
Kenza

Ce qu'ils ont dit

La volonté est tellement libre de sa nature, qu'elle ne peut jamais être contrainte. (Descartes)

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