Nombre d’enseignants et de futurs enseignants d’anglais postulant dans des commissions scolaires québécoises francophones se plaignent de devoir passer le test de français que tous les enseignants doivent passer. Bien que je comprenne que ces enseignants n’auront pas à exposer leurs connaissances grammaticales de la langue française devant leurs étudiants, je trouve tout à fait légitime qu’on songe enfin à faire passer un test de français à tous les futurs enseignants ou enseignants désirant obtenir un nouveau poste, tout comme je trouverais légitime qu’on exige de moi que je maîtrise suffisamment l’anglais si je postulais comme enseignante du français dans une institution anglophone. L’ancien système a embauché bien des enseignants cumulant nombreuses lacunes et ce n’est que maintenant que les employeurs se réveillent et exigent un minimum nécessaire. Évidemment, les standards à atteindre pour les enseignants d’anglais ne sont pas les mêmes que pour les enseignants de français ou autres. Alors qu’on exigera des enseignants de français une moyenne de 80 ou 85%, on demandera aux enseignants d’anglais ou d’éducation physique d’avoir une moyenne de 60%. N’est-ce pas normal qu’un enseignant du primaire ou du secondaire, toutes matières confondues, maîtrise les grandes lignes de la grammaire française et soit en mesure de rédiger un texte qui se tienne?

En quoi devrions-nous avoir deux mesures? Nous sommes dans un pays où il y a deux langues officielles. Alors pourquoi se plaindre qu’on exige le minimum dans l’autre langue? Ça me fait penser à cette habitude au gouvernement. On exige des fonctionnaires francophones qu’ils soient bilingues, alors que ce n’est pas ce qu’on exige des anglophones. Il serait temps de faire un petit redressement là aussi. Nous n’avons qu’à nous remémorer l’adoption de la loi sur les langues officielles en 1969 grâce à Pierre Elliot Trudeau. C’était une garantie, pour les francophones du Canada et les anglophones du Québec (surtout), d’accéder aux services gouvernementaux et à l’éducation dans leur langue. Bonne chose. Mais dans cette idée de justice, il faudrait aussi demeurer justes et avoir les mêmes demandes pour les postes dans l’une ou l’autre des langues.

Et vous, pensez-vous que nos enseignants d’anglais langue seconde au Québec devraient prouver, comme tous les enseignants du Québec, qu’ils maîtrisent la langue française?