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Alors que je vous racontais nos mésaventures avec Immigration Canada il y a quelques semaines, je peux maintenant vous dire que le tout est bel et bien réglé. Après une rencontre avec l’attaché politique du député fédéral de notre quartier, après plusieurs appels au Maroc, après des aller-retour de belle-maman au Consulat, voilà que jeudi on lui accordait enfin le visa touriste. Nos efforts seront récompensés par son arrivée lundi prochain inchallah et par sa joie de revoir la princesse Yasmeen et de faire la rencontre de son unique petit-fils. Bel été en perspective! Et le plus marrant de l’histoire est qu’elle a trouvé un billet à un tarif RIDICULE. Alors que les billets se vendent à 1400$ environ, elle a payé le sien moins de 4000 dirhams. Faites le calcul…
Alors si jamais certains/certaines d’entre vous font face à des refus d’Immigration Canada, bougez, faites des téléphones, plaignez-vous, agissez. Si le dossier est nickel, il se pourrait que la nouvelle demande soit acceptée. Ce n’est pas toujours un défaut que de ne pas avoir la langue dans sa poche.
Alors que j’étais sagement assise, mercredi dernier, dans le bus 95 me ramenant chez moi après une pénible journée qui m’avait mise de mauvaise humeur, une marocaine prit place sur le siège vacant à mes côtés. Faisant fi de ma présence, elle continua sa palpitante conversation avec son acolyte, rien de moins que marocaine elle aussi. D’une oreille attentive, je les écoutai parler de tous les passagers ou presque, se moquant tantôt d’une vieille dame grassouillette qui avait du mal à monter dans le bus, tantôt d’un jeune homme latino arborant mille bijoux. Tous les passagers ou presque eurent droit à leur sage critique. Il va s’en dire qu’il est facile de se moquer des gens lorsqu’on se dit qu’il n’y a pas d’autres maghrébins ni arabes dans le bus pouvant saisir ce qu’on raconte.
J’écoutais donc d’une oreille attentive, me disant qu’il serait bien comique de remettre ces femmes (car on ne parle pas de jeunettes de 18-19 ans, mais bien de femmes de 35 ans environ) à leur place. Ma première idée était de leur dire que j’aurais honte de parler ainsi des gens, mais je me dis que ma seconde idée serait plus rigolote. Je patientai donc dans l’espoir qu’elles ne sonnent pas leur arrêt avant le mien. La chance me sourit. Je me levai en lançant à la Miss Morocco debout à mes côtés: « Sma3li*…».
Son teint changea en une fraction de seconde. Elle regarda d’un oeil inquiet sa comparse et me lança à son tour, alors que j’avançais tant bien que mal vers la sortie avant: «Nti maghrebia?**». Je répondis d’un bref «Lla!***» et je sortis du bus alors que les deux commères se regardaient, inquiètes, essayant sûrement de mesurer la gravité de leurs propos. Ma journée venait de se terminer en beauté.
* Sma3li: Pardon, excusez-moi…
** Nti maghrebia?: Tu es maghrébine?
*** LLa: Non
L’Ayatollah Onassis m’a filé la Tag pour le questionnaire de Procuste. Je m’exécute donc:
Les 4 livres de mon enfance:
- Recueil des Fables de La Fontaine
- La collection des Martine (ce que j’ai pu lire le Martine en avion et le Martine à la mer!)
- La série des livres «Livre dont vous êtes le héros» (je me rappelle encore de Darian le magicien et de Clovis le Chevalier)
- Les bandes dessinées de Mafalda et de Gaston Lagaffe
Les 4 écrivains que je relirai encore et encore:
- Milan Kundera
- Romain Gary
- Albert Camus
- Khalil Gibran
Les 4 auteurs que je ne lirai probablement plus jamais:
- Frédéric Beigbeder (Non mais y’en a marre de ses généralisations!)
- Amélie Nothomb (Je sais, tout le monde aime… Bien pas moi!)
- Alexandre Jardin (Je ne comprends pas sa popularité.)
- Dan Brown (Je me suis arrêtée à deux pages, ça m’a amplement suffit.)
Les 4 premiers livres de ma liste à lire:
- Nedjma de Yacine Kateb
- Un complot de saltimbanques d’Albert Cossery
- L’hiver de force de Réjean Ducharme
- L’amour au temps du cholera de Gabriel García Márquez
Le livre que je suis en train de lire:
- L’ombre du vent de Carlos Ruíz Zafón
Les 4 livres que j’emporterais sur une île déserte:
- Le Coran
- Sahih Al-Bukhari (9 volumes arabe-français)
- Le passé simple de Driss Chraïbi
- Le Prophète de Khalil Gibran
Ça m’énerve d’en choisir que quatre, alors en vrac: Choukri, Cossery, Eco, Kundera, etc.
Les premiers mots d’un de mes livres préférés:
«Moi, Hassan fils de Mohamed le peseur, moi, Jean-Léon de Médicis, circoncis de la main d’un barbier et baptisé de la main d’un pape, on me nomme aujourd’hui l’Africain, mais d’Afrique ne suis, ni d’Europe, ni d’Arabie. On m’appelle aussi le Grenadin, le Fassi, le Zayyati, mais je ne viens d’aucun pays, d’aucune cité, d’aucune tribu. Je suis fils de la route, ma patrie est caravane, et ma vie la plus inattendue des traversées. Mes poignets ont connu tour à tour les caresses de la soie et les injures de la laine, l’or des princes et les chaînes des esclaves. Mes doigts ont écarté mille voiles, mes lèvres ont fait rougir mille vierges, mes yeux ont vu agoniser des villes et mourir des empires. De ma bouche, tu entendras l’arabe, le turc, le castillan, le berbère, l’hébreu, le latin et l’italien vulgaire, car toutes les langues, toutes les prières m’appartiennent. Mais je n’appartiens à aucune. Je ne suis qu’à Dieu et à la terre, et c’est à eux qu’un jour prochain je reviendrai.» Léon l’Africain, Amin Maalouf
Les derniers mots d’un de mes livres préférés:
«Voilà. Il va falloir bientôt quitter le rivage où je suis couché depuis si longtemps, en écoutant la mer. Il y aura un peu de brume, ce soir, sur Big Sur, et il va faire frais et je n’ai jamais appris à allumer le feu et à me chauffer moi-même. Je vais essayer de demeurer là encore un moment, à écouter, parce que j’ai toujours l’impression que je suis sur le point de comprendre ce que l’Océan me dit. Je ferme les yeux, je souris et j’écoute… Il me reste encore de ces curiosités. Plus le rivage est désert et plus il me paraît toujours peuplé. Les phoques se sont tus, sur les rochers, et je reste là, les yeux fermés, en souriant, et je m’imagine que l’un d’eux va s’approcher tout doucement de moi et que je vais soudain sentir contre ma joue ou dans le creux de mon épaule un museau affectueux… J’ai vécu.» La promesse de l’aube, Romain Gary
Les 4 blogueurs à qui je refile le questionnaire:
- Milysmilune
- Daspacemonkey
- La Chèvre (ça m’étonne qu’elle va répondre, car ça m’étonne qu’elle passe lire, mais bon…)
- 4 (Fallait bien vu le chiffre…)
Je vous conseille d’aller faire la rencontre de La Moche du Plateau. Comme entrée, je vous suggère la vidéo Esprit des Fêtes. Fou rire garanti! C’est ce qu’il me fallait en cette journée merdique…
Il y a une semaine, mon petit prince me lance: « Mamannnnnn, regarde la coccibelle dans le salon! ». À bien y penser, ce mot serait plus approprié pour ce coléoptère. Pas fou mon petit prince…
Quelques jours après, il récidive en nous lançant hystérique à table: « C’est le docteur de fumée qui sonne! ». C’est clair que cette fois, il n’allait pas refaire le dico, mais tout de même, j’aurais payé cher pour avoir accès à l’image qu’il avait à l’esprit.





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