Non, je ne m’accommode pas de Martineau. Après avoir pollué le Voir avec ses écrits répétitifs contre les «sales» musulmans, le revoilà à nous servir ses complaintes contre l’Islam via ses chroniques dans le Journal de Montréal ou sur son blogue. Ça fait un moment déjà qu’il pollue via le Journal de Montréal, mais il commence sérieusement à s’embourber. Le peu de crédibilité qui lui restait (s’il lui en restait) s’est envolé.
Mon dieu!
Il y a quelques jours, j’ai reçu une lettre d’un enseignant. L’année dernière, cet homme travaillait dans une école de Saint-Léonard. Il avait treize élèves musulmans dans sa classe, huit hispaniques, deux bulgares, deux roumains, deux asiatiques et deux québécois «pure laine». Ce n’était pas une école, c’était l’ONU.
Quand l’enseignant organisait des rencontres avec les parents, il avait besoin de quatre interprètes!
Ce professeur disait souvent «Oh, mon Dieu!» en classe. Mais la direction de l’école lui a demandé de ne plus jamais utiliser cette expression.
La raison? Des parents musulmans ont porté plainte. Paraît que ça leur porterait préjudice…
Comme le conclut le monsieur dans sa lettre: «C’est la personne qui prend le plus de place qui se fait écouter…» Franc-Parler, Journal de Montréal, 15 août 2007.
Sortons les violons mes amis, c’est «l’ONU» qui nous envahit. Notre identité court à sa perte. Les méchants arabes musulmans prennent le contrôle de notre Nation.
Plus sérieusement, je serais prête à débourser une partie des frais pour voir à l’instruction de Martineau. Le travail premier d’un journaliste ou chroniqueur est de tout d’abord vérifier l’information qu’on lui fournit et d’ensuite faire en sorte d’avoir des propos justes. Depuis des années, Martineau voit à mener sa croisade contre l’Islam et les arabes sans même avoir prit la peine de fouiller le sujet. Certes, il saura vous servir tous les préjugés qui puissent exister face aux musulmans, à leur pratique, à leur culture, mais il ne sera jamais en mesure d’apporter des propos valables. «Paraît que ça leur porterait préjudice…» Maître des «paraît-il» et des ouï-dire, si Martineau maîtrise une chose, c’est bien de manier les mots afin de ne jamais pouvoir être accusé de racisme, de préjugés et d’intolérance. Que sont les ouï-dire? De vulgaires pacotilles dans un monde cruel où les arabes, aussi arriérés soient-ils (comme il nous l’indique), nous imposent leurs coutumes et exigent de nous, pauvre peuple québécois, qu’on s’efface pour leur laisser la place.
Avec la consultation sur les accommodements raisonnables, Martineau est comme un enfant devant un comptoir de friandises. Heureux comme un paon, il peut nous gaver à nouveau. Il arrivera à pourrir quelques nouvelles âmes, mais j’ai confiance en la majorité québécoise. Les gens ne sont pas aussi incultes et dupes que ce Martineau.
En attendant, je choisis de me concentrer sur tous les avantages et la richesse des écoles où le multiculturalisme est présent. Je choisis de porter mon attention sur les écoles de Parc-Extension entre autre où la direction invite des imams à venir démystifier l’Islam. Je préfère lever mon chapeau aux enseignants qui s’intéressent aux divers volets culturels en n’y voyant pas de barrières, mais en utilisant plutôt ces avantages pour raviver la curiosité saine des enfants et l’approche de l’autre. Ce n’est pas les arabes qu’on doit combattre, c’est cette peur de l’inconnu.





11 comments
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16 août 2007 à 10:18
moul
Le mec ne raconte pas que des âneries. Il lui arrive des fois de dire des choses sensées. Mais concernant les musulmans il débite des analyses effarantes de simplisme. Je crains qu’il ne dise que tout haut, audience médiatique oblige, ce que la majorité des québecois pense tout bas; tant l’image de cette catégorie d’”humains” (les guillemets sont pour mettre en doute ce qualificatif dans l’entendement général en occident) est irrémediablement “imblanchissable” grâce aux ravages des médias et, il faut bien se l’avouer, des agissements de certains musulmans. Le vrai problème c’est qu’on est en droit de s’attendre de la part d’un prétendu journaliste à plus d’esprit analytique, à une vision holistique des événements et surtout à ce qu’il ne suit pas la masse dans ses égarements. Dans une autre culture, évidement inférieure, Mr Martineau ferait un Taliban de qualité avec sa vision très manichéenne du monde..et on est bien obligé d’y survivre.
16 août 2007 à 10:55
kennza
En effet Moul, j’aurais peut-être dû préciser qu’il est surtout inculte au niveau de l’Islam, de l’histoire arabe, etc. M’enfin, je suis entièrement d’accord avec toi.
Martineau, le taliban «pure laine». Ça lui ferait un joli titre.
19 août 2007 à 5:30
Amourable
Malheureusement Martineau n’est pas le seul à surfer sur la vague des accomodements.
Ils mettent en première ligne ce qu’une minorité d’imbéciles gueulards ou chiallards déblitèrent. Les journalistes comme Martineau n’ont qu’une chose en tête, c’est d’augmenter leur visibilité et ils le font souvent en montant un fait divers en épingle ce qui donne lieu à ce qu’on a vue à Hérouxville.
19 août 2007 à 10:14
kennza
Mais encore Amourable, j’ai l’impression que Martineau cultive une vraie haine des musulmans (et des arabes évidemment). Dès qu’il le peut, il en ajoute une couche, accommodements ou non. Va pour la liberté d’expression, mais lorsque ça prend des allures de préjugés incroyables, je ne crois pas que ce soit sain.
22 août 2007 à 2:24
Blanche
Si le Québec est une terre d’accueil, comme il le revendique de nos jours (notamment en France), comment se fait-il que des personnes comme Martineau aient une telle audience dans les media? N’y a-t-il pas d’autres personnalités qui font entendre des points de vue divergents, plus ouverts sur le monde, et plus en ligne avec la philosophie d’immigration québécoise, telle qu’on la voit de l’étranger?
22 août 2007 à 4:59
Onassis
Le Québec est une terre d’accueil. Mais ses citoyens ne sont pas forcément “acceuillants”. Il y a un fossé entre ce que le gouvernement veut faire (pâlir au taux de natalité trop bas) et ce que les citoyens sont prêts à accepter. Aujourd’hui, les maghrébins musulmans font peur aux citoyens…
Je renvoie à cet article intéressant d’André Pratte de La Presse :
http://www.cyberpresse.ca/article/20070814/CPOPINIONS/708140467/6742/CPOPINIONS
22 août 2007 à 6:13
Kennza
Article très intéressant en effet. Ce que plusieurs devraient savoir également, c’est que le gouvernement canadien fait la «promotion» du Canada à l’étranger, surtout dans les pays du Maghreb (pays colonisés par la France entre autre). Combien de publicités j’ai pu voir, clamant haut et fort l’immigration au Canada?
La première idée dans la tête des gens ici, c’est que les immigrants se sont sauvés d’un pays qui les écrasait, qu’ils ont eu la grande chance d’être admis ici et qu’ainsi, ils se doivent d’oublier leurs racines et d’adopter entièrement les us et coutumes canadiennes voire québécoises. C’est un «privilège» d’avoir la résidence. Oui, ce l’est pour tous ces immigrants qui sont arrivés ici comme réfugiés de guerre, mais il ne faut surtout pas oublier tous ces autres immigrants qui eux, n’avaient qu’envie de changer d’ambiance, de pays (Pourquoi pas? Je l’ai bien fait moi après une écoeurantite aigüe.) et y voyaient des perspectives d’avenir plus intéressantes (surtout après avoir vu les nombreuses pubs vantant le Canada comme terre d’accueil). La majorité de ces immigrants n’ont pas tourné entièrement le dos à leur pays. D’ailleurs, ils parleront du pays qui les a vu naître avec passion. Pourtant, on croit à tort qu’ils doivent être reconnaissant et oublier entièrement ce qu’ils sont. On souhaite qu’ils s’assimilent (sic).
Pour avoir vécu à l’étranger quelques années, je peux dire que je n’ai jamais pu mettre totalement de côté qui j’étais et d’où je venais. Malgré ma bonne intégration, je n’étais pas «assimilée». Il y a des principes, des valeurs, des habitudes que j’ai conservé malgré tout.
On peut exiger qu’ils s’intègrent, fassent des efforts et de nombreux compromis, mais à quelque part, ce ne peut être à sens unique. Les québécois vont devoir saisir qu’ils ont aussi un pas à faire, des efforts à faire en retour et ces efforts commencent par la volonté et l’envie de découvrir et comprendre l’autre.
Malheureusement, nous sommes loin d’y être.
25 août 2007 à 10:27
4
Onassis & Kennza, vous mettez le doigt sur quelque chose!
Pour la majorité des Québécois (le Québécois de souche) un immigrant c’est quelqu’un qui a fui son pays. Je ne crois pas que la majorité fait la distinction entre les différents statuts, ni quoique ce soit! Le Québécois moyen généralise. Puis de son point de vue ethnocentriste se sent généreux d’accueillir ces gens.
Le Québécois moyen sait-il que le gouvernement recrute des immigrants à grands coups de publicité (l’armée canadienne aussi fait ça!)
27 août 2007 à 10:21
milysmilune
C’est en effet ce que pensent pas mal de Québécois. Entoucas, y’a que ceux-là qu’on lit, qu’on entend dans les lignes ouvertes.
J’aimerais comprendre pourquoi c’est assez caractéristique des Québécois d’ailleurs. Pourquoi les anglais ne le voient pas comme ça ? De quoi avons nous peur ? Qu’avons nous peur de perdre ?
27 août 2007 à 11:00
kennza
Comme je le disais Milys, malheureusement, ces québécois qui se disent envahis et contre les accomodements ne sauront répondre à ce genre de question. Ils ne sauront dire ce qu’ils ont peur de perdre. Au pire, ils répondront qu’ils ont peur de perdre leur identité et lorsque tu leur demanderas ce qui constitue leur identité ce sera le néant.
27 août 2007 à 11:33
milysmilune
Tout à fait vrai. Ils se disent qu’ils ne veulent pas perdre leur culture. d’accord. Asseyons-nous et discutons de ces éléments de culture qui menacent de s’éteindre. Quels sont ces éléments qui sont assurés de disparaitre, au contact d’une autre culture, et qui nous caractérisent tant ?