Arrête ton cinéma ! Voilà la phrase que répétait sans cesse le père de Rachid Badouri pendant des années. Ce n’est sûrement pas ce qu’il devait avoir envie de crier hier soir, en voyant son fils sur scène. Nous prenions place à l’avant, sur le parterre, et nous étions fascinés, tout comme le reste de la foule. Le St-Denis 1 était comble pour cette grande première hier soir et Rachid a su aller chercher chacun de spectateurs. Que ce soit en imitant parfaitement l’accent du Lac St-Jean (j’en sais quelque chose, je viens du Saguenay), en nous remémorant notre époque adolescente où les «fresch» étaient populaires, en nous parlant de mariages italiens ou de «slow» vietnamiens, Rachid tenait la foule au bout de ses lèvres. Ce personnage coloré, agité, charismatique faisait son cinéma et c’en était tout un. Des gestuelles aux mimiques, il nous a transporté d’un continent à l’autre, d’une époque à l’autre, puisant son énergie dans les éclats de rire fusant d’un public en délire. Badouri, un nom qu’on risque de voir souvent dans les mois à venir.