Je ne sais pas si c’est la trentaine, mais depuis un certain temps, j’en ai marre du conformisme. Marre d’agir selon les certaines coutumes. Pourquoi faudrait-il que j’aille chez le coiffeur me faire faire une mise en plis que si j’ai un événement particulier à l’agenda ? Pourquoi serait-ce farfelus que j’aille me faire maquiller par une professionnelle que pour le plaisir de me sentir belle sans avoir de sortie prévue le soir venu ? Pourquoi serais-je complètement sautée de sortir prendre un café avec une copine vers 22h un soir de semaine, veille d’une journée bien occupée au bureau ? Pourquoi je n’achèterais pas la robe de soirée dont j’ai envie depuis deux semaines alors que je n’ai pas l’ombre d’une soirée en vue ? Pourquoi je n’ouvrirais pas ma bouteille de Château Cheval Blanc 1975 premier grand cru classé de St-Émilion un jeudi soir tout simplement parce que j’en ai envie ? Pourquoi est-ce que la boire un soir de relâche serait nécessairement la voie à suivre, la meilleure façon de savourer le moment ?
Qui a décidé que tout ça ne se faisait pas ? Qui a eu assez de poids pour imposer une telle marche à suivre ? Personne évidemment. Ce conformisme comportemental s’est installé de lui-même, au fil des habitudes communes, sans que personne n’y mette un frein et s’arrête à y réfléchir plus longuement.
Nous passons notre vie à attendre des occasions qui ne viendront pas toujours. Nous passons donc, trop souvent, à côté de bien des petits bonheurs. La trentaine m’apporte une certaine sagesse… Celle de me foutre des moments tout désignés. Je m’accorde désormais le plaisir de faire une entorse au conformisme comportemental en usant, bien sûr, de mon je-m’en-foutisme connu de ce qu’on pourrait penser de moi.





13 comments
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15 novembre 2007 à 9:18
chevredecourse
Tu sais Kenn, moi j’ai réfléchi drôlement à ça quand j’avais écouté le film “American Beauty”…
J’ai toujours mon petit côté conventionnel, mais j’use de mon côté givré un peu plus souvent.. le jeudi soir ou bien le mardi matin! Pas juste les soirs “prévus à cet effet”!
Si t’étais pas si loin, je me sentais pas mal en forme pour entamer ta bouteille moi là!!
T’as donc raison!
15 novembre 2007 à 11:54
milysmilune
Chèvre, tsé, moi la Kennza elle est en haut et elle est trop occupée à déchirer des rideaux de salon en pleine nuit. C’est une anticonforme un peu louche tsé veux dire…. :p
Ton texte me fait penser à une histoire. C’est cucu certes, mais c’est tellement vrai. Ça a circulé sur le net. Quelque chose comme une femme qui s’était acheté une superbe robe. Mais elle refusait de la mettre, voulant garder ça pour une occasion spéciale. Ses enfants lui disaient souvent à quel point ils voulaient la voir dedans, son mari aussi, mais elle refusait. Un jour ….un jour. Finalement, un bête accident et elle perdit la vie. Son mari et ses enfants ont décidé de lui mettre cette robe pour son dernier voyage.
Moi aussi j’ai réfléchi à ça, et c’est vrai qu’on reporte trop souvent ces petits bonheurs.
16 novembre 2007 à 2:27
kennza
@La Chèvre: On se reprendra samedi prochain, faute d’autre plage horaire d’ici là ! On pourra même se faire croire qu’on est lundi soir s’il le faut.
Plus sérieusement, je n’ai jamais été de nature très conventionnelle. Toutefois, il y a certaines choses que je ne faisais qu’à tel moment, car c’est ainsi qu’on est supposé les faire. Il ne me serait même pas venu à l’idée de m’interroger à ce propos.
@Milys: Que veux-tu, faut bien de l’action…
Tu vois, ton histoire me fait penser à ma grand-mère maternelle. Après des années de dur labeur (essayer d’élever des enfants dans l’après-guerre, avec un mari revenu blessé et alcoolique), elle était très économe. Pas qu’elle n’avait pas le sou, non. Elle économisait à quelque part par peur de manquer à nouveau de quelque chose. Elle rêvait de voyager et en avait les moyens, sauf qu’elle reportait toujours en disant qu’elle ferait un plus beau voyage en accumulant plus et plus. Finalement, elle n’a jamais profité de son argent. Elle est maintenant placée, car elle a besoin de soins infirmiers constants, elle souffre d’Alzheimer en prime, et ses seuls bonheurs sont maintenant l’achat de novueaux vêtements qu’elle oublie l’instant d’après… Triste.
16 novembre 2007 à 2:32
kennza
J’oubliais de préciser qu’en bonne anticonformiste, il est 1h30 du mat, je bosse demain matin et je suis devant l’ordi à réviser un travail de mon p’tit mari, qui me coach, debout derrière ma chaise. Quelle anticonformiste… ou plutôt quel couple cinglé. hahaha On trouverait mieux à faire…
16 novembre 2007 à 8:39
milysmilune
Exactement ce genre de situation Ken. Surtout cette génération et même celle de ma mère, c’est encore ce qu’ils se répètent : ” pas maintenant, attendons un meilleur moment”.
L’exemple des REER parle aussi beaucoup de lui-même. On vit beaucoup en fonction des vieux jours. En fonction du futur. Mais le présent, on se sent coupable de le consommer à fond, au rythme de nos pulsions.
16 novembre 2007 à 2:15
Blanche
Tu as bien raison, Kennza!
Marre aussi de devoir sortir le samedi soir ou faire la fête le 31 décembre, sous prétexte qu’il le faut! Et pourquoi pas tout simplement s’amuser quand on en a envie?
Et vive les bonnes bouteilles de vin débouchées devant un épisode de Desperate Housewives!
16 novembre 2007 à 6:10
louladekhmissbatata
Et surtout ne fais pas demi-tour
Enjoy, moi une jolie bouteille de Beaujolais nouveau me fait de l’oeil.
Mwah
17 novembre 2007 à 3:36
kennza
@Blanche : Et c’est comme cette idée de la St-Valentin où l’on devrait absolument acheter un cadeau ou une douceur à l’être aimé, car semble-t-il que même si pour toi, la St-Valentin est à l’année longue, c’est un crime si tu n’offres rien le jour J venu.
@Loula : Il n’y aura pas de demi-tour, que non !
18 novembre 2007 à 5:41
bettyloo
Mes grands-parents aussi ont “gratté” toute leur vie. Ces beaux dollars qu’ils auraient pu dépenser en voyage merveilleux, en rénovations, en beaux habits, hé bien ils les dépenseront eux aussi en maison de retraite.
Ma grand-mère est alzheimer depuis presque 10 ans et elle n’est plus du tout apte à vivre avec mon grand-père qui lui se lève pour déjeuner et se recouche immédiatement parce qu’il est trop fatigué.
Bref, depuis toujours j’ai toujours été la fille qui ne se privait de rien, alors c’est clair que plus je vieillis, moins je me prive. J’ai pour mon dire qu’on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve, j’aime mieux mourir pauvre la tête remplit de souvenirs que pleine à craquer.
20 novembre 2007 à 12:47
milysmilune
Betty, j’adopte ta philosophie
J’ai réalisé dernièrement que la vie est courte, et je sais quelles sont mes priorités. Je ne dépense pas sans réfléchir, mais du moment que ma famille ne manque de rien, je me laisse aller à ce qui me fait plaisir, à moi et mes proches, QUAND j’en ai envie.
Je parle de $, mais ça s’applique à tout ce qui est pollitically incorrect aussi :p ou bedon hors normes si on veut.
22 novembre 2007 à 4:50
bettyloo
Ben tu vois milysmilune on semble penser pareil
Mes cocos ont ce tout ce dont ils ont besoin et même plus, pour eux je me prive parce que c’est ma folie à moi de les gâter.
Quand j’ai envie de quelque chose, si ce n’est pas une bulle passagère au cerveau, ben je m’arrange pour l’avoir
27 novembre 2007 à 12:43
louladekhmissbatata
Kennza,
Mais où es-tu passée? 
Faudrait au moins se conformer au blog
Mwah
27 novembre 2007 à 9:18
kennza
@Loula: Je suis ici et là… Léger manque d’inspiration qui vient de laisser place à une petite frustration que je vais mettre en mots dans quelques minutes…