Je ne sais pas si c’est la trentaine, mais depuis un certain temps, j’en ai marre du conformisme. Marre d’agir selon les certaines coutumes. Pourquoi faudrait-il que j’aille chez le coiffeur me faire faire une mise en plis que si j’ai un événement particulier à l’agenda ? Pourquoi serait-ce farfelus que j’aille me faire maquiller par une professionnelle que pour le plaisir de me sentir belle sans avoir de sortie prévue le soir venu ? Pourquoi serais-je complètement sautée de sortir prendre un café avec une copine vers 22h un soir de semaine, veille d’une journée bien occupée au bureau ? Pourquoi je n’achèterais pas la robe de soirée dont j’ai envie depuis deux semaines alors que je n’ai pas l’ombre d’une soirée en vue ? Pourquoi je n’ouvrirais pas ma bouteille de Château Cheval Blanc 1975 premier grand cru classé de St-Émilion un jeudi soir tout simplement parce que j’en ai envie ? Pourquoi est-ce que la boire un soir de relâche serait nécessairement la voie à suivre, la meilleure façon de savourer le moment ?

Qui a décidé que tout ça ne se faisait pas ? Qui a eu assez de poids pour imposer une telle marche à suivre ? Personne évidemment. Ce conformisme comportemental s’est installé de lui-même, au fil des habitudes communes, sans que personne n’y mette un frein et s’arrête à y réfléchir plus longuement.

Nous passons notre vie à attendre des occasions qui ne viendront pas toujours. Nous passons donc, trop souvent, à côté de bien des petits bonheurs. La trentaine m’apporte une certaine sagesse… Celle de me foutre des moments tout désignés. Je m’accorde désormais le plaisir de faire une entorse au conformisme comportemental en usant, bien sûr, de mon je-m’en-foutisme connu de ce qu’on pourrait penser de moi.