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J’ai toujours apprécié lire les papiers de Foglia. Pas que je l’élève au rang d’un idole dont je boirais tous les mots, mais je le considère plutôt comme un homme capable de dire ce qu’il pense, sans passer par cinquante chemins, et, surtout, sans tomber dans la vulgarité d’esprit des Gilles Proulx. J’aime les gens qui viennent parfois heurter mes idées, j’apprécie qu’on m’oblige à conforter mes opinions, mais pour se faire, j’attends qu’on m’amène le tout de façon réfléchie. Certes, il y aura parfois quelques emportements, de la passion, une certaine fougue. Toutefois, j’aurai toujours le respect des mots n’ayant pas pour seul but de choquer avidement.

Cet aprem, je parcourais donc la dernière chronique de Foglia et je ne pouvais qu’apprécier lire son point de vue sur la Commission Bouchard-Taylor.

Il y a des leçons de choses ; la Commission, elle, nous aura donné une leçon de gens. Voici des Arabes. Voici des musulmans. Voici des juifs. Voici des Latinos. Voici des Italiens. Voyez comme, à l’intérieur même de chaque communauté, ils ne sont pas homogènes. Pas plus que nous, finalement. Les musulmans ont leur imams à la con comme on a notre cardinal Ouellet. Il y a des juifs laïques, beaucoup à part ça. Les Arabes sont souvent chrétiens. Les Latinos ne sont pas tous des Chiliens francophiles. Et il y a aussi, Dieu merci, des Italiens du Nord.

Ce que nous a montré cette commission, c’est de l’altérité, de l’hétérogène. Les immigrés, même ceux qui résistent, sont engagés comme nous dans un processus de métissage. Ce que nous a montré la Commission n’est pas un portrait fixe, mais une situation en mouvement, en transformation constante. Constante et lente par nature. Il ne sert à rien de s’énerver pour un kirpan. Ces choses-là prennent beaucoup, beaucoup de temps.

Métissage. Pas mariage, métissage. Il y a un mot savant : transsubstantiation (quand la substance devient autre). Il y a un autre mot savant : acculturation. Si vous préférez une image : laisser infuser lentement.

Pendant ce temps, en Ontario (cela aurait pu arriver ici, mais c’est mieux en Ontario – va savoir ce que le National Post en eût dit si c’était arrivé ici), pendant ce temps, un papa musulman tue sa fille qui prenait, semble-t-il, trop de libertés avec le Coran et… ce serait une grave erreur de banaliser l’événement, m’écrit un lecteur. Ah bon. Vous en feriez quoi, vous, monsieur, de cette histoire-là ?

Aucun crime n’est banal, bien sûr, mais l’environnement de celui-ci l’est complètement, banal. Demandez aux Portugaises, aux Italiennes nées au Québec il y a 40 ans de parents immigrés. Demandez-leur combien de fois leur père les a insultées, menacées parce que leur robe était trop courte, leur rouge trop rouge, parce qu’il était minuit et qu’il avait dit à 10 heures. J’entends ma mère à ma sœur : puttana, je vais t’étrangler de mes mains.

On est ici dans le quotidien, dans l’infusion lente, dans le devenir imperceptible de l’immigré, dans son lot de renoncements, de chocs avec la modernité. Aucune commission, aucune loi, aucune charte ne peuvent rien pour… comment dire ? Pour faire de l’immigré qui vient d’arriver un être léger.

Ce qu’a permis la Commission, et il faut l’en remercier mille fois, c’est de nous rapprocher un peu de cette réalité-là tout en nous éloignant un peu de Hérouxville.

Pourtant, et je vais avoir l’air de me contredire, ce qui m’a le plus dérangé, ce ne sont pas les quelques dérapages, ce n’est pas Hérouxville ni même l’offensive des cathos de choc. Ce qui m’a le plus dérangé, c’est cette dégoulinade (tellement québécoise) de bons sentiments, ces protestations de fraternité universelle qui, paradoxalement, sonnent à mes oreilles comme les moins accueillantes aux autres.

Je t’aime, mon ami, j’étais pu capable. J’t’ayis pas, c’est déjà bien, non ?

Ma réaction est certes discutable, mais lorsque je lis l’intitulé de cet article et que je constate ce à quoi il est fait référence, je trouve le jeu de mots assez douteux. Avec tout ce qui est véhiculé dans les médias concernant l’islam et certains de ses pratiquants, avec tout l’accent que l’on met pour amener les gens à focusser contre sur l’islam, je ne crois pas qu’il était nécessaire de faire ce rapprochement. Faut croire que je manque d’humour…

L’un des derniers billets de Kenza me faisait repenser à deux événements plus ou moins récents. Non, je ne raconterai pas ces fois où, par le biais du hasard, j’ai recroisé de vieilles connaissances et que nous avons eu du plaisir à résumer nos dix dernières années en cinq minutes. J’aborde plutôt l’envers de la médaille. Ces moments où notre route croise certains visages de l’époque et que ces derniers préfèrent détourner le regard, malgré tous les bons souvenirs. Pas qu’il y en ait de mauvais remisés ici et là, non. Ils détournent le regard et passent le chemin pour des raisons totalement inconnues (de moi va s’en dire, car je n’ose imaginer qu’ils le détournent sans raison…).

Comment peut-on baisser les yeux sur des souvenirs d’enfance, d’adolescence ou de l’époque universitaire ? En y réfléchissant, je me disais qu’à la limite, on peut avoir envie d’oublier tout ce qui est en lien avec des périodes de notre vie si ces périodes ont été malheureuses et difficiles ou ont été marquées par un triste événement que nous préférons refouler. Mais lorsqu’elles ne l’ont pas été ? Et, surtout, lorsqu’on sourit en retrouvant la plupart des gens de cette période, comment peut-on expliquer que l’on se refuse à rendre un « Salut, ça va toi ? Quoi de neuf après toutes ces années ? » à la personne de qui nous étions le plus proche lors de cette dite période ?

Les bons souvenirs gravés en notre mémoire sont-ils erronés, défaillants, aléatoires ? S’ils ne le sont pas, ces personnes méritent-elles l’ébauche d’un souvenir ?

En début d’aprem hier, l’envie m’a pris de cuisiner indien. Ne me demandez pas pourquoi cette bulle m’est passée par la tête, car d’habitude, j’ai plutôt envie de sortir manger indien ou d’aller me chercher de l’indien chez Malhi Sweet Indian Cuisine. Cette fois, je me suis dis: « Et si j’arrivais à bien cuisiner indien, je pourrais satisfaire mes envies culinaires plus souvent ». En me remémorant les doux parfums des plats du Malhi Sweet, j’ai parcouru le net à la recherche d’une recette de boeuf korma, de poulet korma et de gulab jamun, ce fameux dessert savoureux. Malheureusement, chaque recette trouvée me décevait. Pas d’eau de rose dans les recettes de gulab jamun, pas de crème dans les recettes de poulet ou boeuf korma et ainsi de suite. Un ou deux trucs manquaient toujours. J’ai donc usé de mon inspiration et j’ai élaboré deux recettes. L’une pour le boeuf ou le poulet korma et l’autre pour les gulab jamun. Si j’en parle maintenant, c’est pour partager avec vous ces recettes, qui ma foi, sont pas mal du tout !

Boeuf ou poulet korma

- 750 g. de boeuf en cubes ou de poitrines de poulet en cubes
- environ 1 c. à s. d’huile d’olive pour saisir la viande
- 2 oignons moyens
- 3 gousses d’ail
- 2 bouts de gingembre frais coupé en morceaux (des bouts d’environ 2 pouces de long et d’un demi pouce de diamètre une fois pelés)
- 1 paquet de 100 g. de poudre d’amandes
- environ 30 g. de noix de coco hachée non sucrée (prendre le paquet où elle est hachée le plus finement)
- 1 boîte 213 ml de sauce tomate
- 5-6 bonnes c. à s. de yaourt nature et consistant (pour vous donner une petite piste, j’ai pris le Méditerranée)
- 1/4 t. de crème 35% épaisse
- 4-5 c. à s. de coriandre fraîche hachée
- 1 c. à c. de curcuma
- 1 c. à c. de piment rouge en poudre (j’ai pris le doux, car le Dj ne mange pas épicé, contrairement à moi)
- 2-3 c. à s. de curry
- 2 c. à s. de jus de citron
- sel et poivre au goût

Couper la viande en cubes si nécessaire. Il faut s’assurer, pour le boeuf, de prendre une partie tendre.

Mettre l’oignon, l’ail, le gingembre, la sauce tomate, la poudre d’amandes, la noix de coco et le yaourt dans un mélangeur et broyer le tout de sorte à obtenir une crème épaisse. Ajouter un peu d’eau froide au besoin.

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Faire revenir le boeuf ou la viande dans un peu d’huile d’olive. Une fois que la viande ou le poulet est bien saisi, ajouter cette crème épaisse et laisser cuire environ 25 minutes, sans couvrir, en brassant régulièrement. Ajouter la coriandre, le curcuma, le piment rouge en poudre, le jus de citron, sel et poivre. Couvrir et laisser mijoter sur un feu doux-moyen 40-50 minutes. Ajouter la crème et le curry et laisser mijoter à découvert 15 minutes. Ajuster le sel et le poivre et servir sur un riz basmati bien parfumé.

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Petit conseil : Il serait peut-être intéressant de remplacer la noix de coco par la demie d’une boîte de lait de coco. La sauce accompagnant le boeuf serait encore plus onctueuse, bien qu’elle soit délicieuse avec la noix de coco en poudre. J’essaierai ça la prochaine fois.

Riz basmati

- 1 t. 1/2 de riz basmati
- 4 t. 1/2 d’eau froide
- 4 c. à s. d’huile d’olive
- 2 c. à s. de coriandre fraîche hachée
- 1 c. à s. de cumin
- 1 c. à c. de curcuma
- sel, poivre

Faire chauffer l’huile dans une casserole et y ajouter le cumin, le curcuma, le sel et le poivre. Bien faire chauffer les épices pour qu’elles dégagent leurs parfums. Y ajouter le riz et le laisser chauffer à sec pour qu’il prenne bien le goût des épices, en le brassant pour qu’il soit bien enrobé. Ajouter les 4 t. 1/2 d’eau et laisser mijoter sur feu moyen-fort. Lorsqu’il reste le tiers d’eau, fermer entièrement le feu, couvrir la casserole et laisser le riz absorber l’eau et ainsi terminer sa cuisson.

Gulab Jamun

Pâte
- 1 paquet de 500 g. de lait en poudre écrémé
- 2 t. 1/2 de farine blanche tamisée
- 4-5 c. à s. de beurre demi-sel
- 500 ml. de lait froid
- 4 c. à s. d’eau de fleur d’oranger
- 2 c. à s. de poudre à pâte

Sirop
- 4 t. d’eau
- 2 t. de sucre
- 3-4 c. à s. de jus de citron
- 5-6 c. à s. d’eau de rose
- 4-5 c. à s. de cardamome en poudre

Pâte
Mélanger d’abord les ingrédients secs: lait en poudre, farine, poudre à pâte. Y ajouter le beurre température pièce et sabler la pâte. Ajouter le lait petit à petit ainsi que l’eau de fleur d’oranger et bien mélanger la pâte. Former de petites boules (les faire plus petites que les miennes, car elles ont bien gonflées) en pressant bien lorsque vous tournez celles-ci entre vos paumes. Si les boules ne sont pas suffisamment fermes, elles se détacheront dans la friture. Faire chauffer l’huile (de canola de préférence) et y frire les boules par petits groupes. Attention, car les boules prendront de l’ampleur, ne pas trop en mettre. Toujours faire bouger et tourner les boules lors de la cuisson dans l’huile pour une cuisson uniforme et une couleur dorée uniforme. Lorsque bien dorées, retirer les boules et les déposer sur une assiette couverte de papier essuie-tout afin qu’il absorbe l’huile.

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Sirop
Lorsque toutes les boules sont cuites et s’égoutent, verser l’eau, le sucre, le jus de citron et la cardamome dans une grande casserole et faire bouillir (mais pas trop). Il ne faut pas que le sirop devienne trop épais lorsqu’il refroidira. Ajouter l’eau de rose et le maintenir sur un feu doux et y plonger les boules par petits groupes encore une fois, car elles prendront encore de l’ampleur. Les y plonger environ 20 minutes, en prenant soin de les faire tourner pour que chaque surface s’imbibe de sirop. Les retirer et les placer immédiatement dans un plat en pyrex. À la fin, y verser tout le sirop. Les gulab jamun sont meilleurs lorsque tièdes.

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Voilà de quoi vous concocter un petit repas typiquement indien. Si vous essayez ces recettes, vous me ferez part de vos commentaires !

Ce qu'ils ont dit

La volonté est tellement libre de sa nature, qu'elle ne peut jamais être contrainte. (Descartes)

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