L’un des derniers billets de Kenza me faisait repenser à deux événements plus ou moins récents. Non, je ne raconterai pas ces fois où, par le biais du hasard, j’ai recroisé de vieilles connaissances et que nous avons eu du plaisir à résumer nos dix dernières années en cinq minutes. J’aborde plutôt l’envers de la médaille. Ces moments où notre route croise certains visages de l’époque et que ces derniers préfèrent détourner le regard, malgré tous les bons souvenirs. Pas qu’il y en ait de mauvais remisés ici et là, non. Ils détournent le regard et passent le chemin pour des raisons totalement inconnues (de moi va s’en dire, car je n’ose imaginer qu’ils le détournent sans raison…).

Comment peut-on baisser les yeux sur des souvenirs d’enfance, d’adolescence ou de l’époque universitaire ? En y réfléchissant, je me disais qu’à la limite, on peut avoir envie d’oublier tout ce qui est en lien avec des périodes de notre vie si ces périodes ont été malheureuses et difficiles ou ont été marquées par un triste événement que nous préférons refouler. Mais lorsqu’elles ne l’ont pas été ? Et, surtout, lorsqu’on sourit en retrouvant la plupart des gens de cette période, comment peut-on expliquer que l’on se refuse à rendre un « Salut, ça va toi ? Quoi de neuf après toutes ces années ? » à la personne de qui nous étions le plus proche lors de cette dite période ?

Les bons souvenirs gravés en notre mémoire sont-ils erronés, défaillants, aléatoires ? S’ils ne le sont pas, ces personnes méritent-elles l’ébauche d’un souvenir ?