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Lorsqu’il s’agit du système de santé québécois, l’avis est quasi unanime : le système n’est pas génial et des événements tristes en découlent semaine après semaine. Listes d’attente interminables, urgences engorgées, médecins et infirmières surchargés, patients floués et frustrés. C’est un luxe que d’être malade. Lorsqu’on est en mesure de prendre la voie du privé, ça va, mais lorsqu’on n’en a pas les moyens, les choses se gâtent.

Avec toutes les histoires qu’on m’a relatées, celles dont j’ai été témoin, les autres dont j’ai été participante, mon opinion du système de santé québécois n’était déjà guère élogieuse. Je ne pensais pas pouvoir être encore plus choquée que je ne l’étais, sauf que ça été le cas et je n’en suis toujours pas remise. Imaginez-vous donc qu’une dame qui a subi l’ablation d’un sein pour cause d’un cancer virulent s’est vue octroyer son congé le lendemain matin. Vous me direz que jusque là, tout est normal, c’est au Québec que ça se passe… et vous aurez raison. Mais cette même dame a reçu la visite de l’infirmière du CLSC le jour même de sa sortie ; cette dernière venant lui expliquer la marche à suivre pour vider ses drains elle-même et prendre les mesures nécessaires (combien de liquide sortait, beaucoup de sang ou pas, etc.). L’infirmière a profité de cette visite pour lui changer son pansement et vérifier l’état de ses nombreuses broches et lui spécifier que dès le lendemain, la patiente devrait se rendre elle-même chaque jour avec sa «tuyauterie» (ses drains et tout le tralala) et ce, en plein hiver, pour faire changer son pansement et qu’elle ne devrait surtout pas oublier d’apporter son onguent antibiotique Polysporin, car le CLSC ne le fournissait pas. Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’en suis complètement ahurie. Bientôt, nous nous rendrons à l’hôpital pour une opération et le médecin sera là pour nous expliquer comment nous opérer nous-même…

Au prétexte de “défendre la religion, la morale et la vertu”, les appels à la haine se banalisent, les menaces se multiplient, la peur se répand… Faut-il attendre que la violence éclate au grand jour pour tirer la sonnette d’alarme ?

Voilà ce qu’en a dit le TelQuel en introduction… Je pourrais prendre quelques lignes pour dire ce que j’en pense, mais je ne le ferais pas aussi bien que LadyZee. Si vous croyez vous aussi qu’il est temps de réagir, aussi minimalement que ce le soit, envoyez un courriel à baytalhikma@gmail.com et demandez que votre nom s’ajoute à celui des autres signataires. Perso, j’ai signé. Vous me direz peut-être que je ne suis pas marocaine. Je répondrai que je signe pour ce pays où j’ai vécu quelques années, pour ce pays où j’ai envie de revivre dans quelques années, pour ce pays qui est celui de mes enfants et qui ne mérite pas la tournure que certains veulent lui faire prendre.

Combien sont-ils à toujours attendre la bouche ouverte l’offrande humoristique de Marc Labrèche ? Combien sont-ils à être choqués et à me croire complètement cinglée lorsque j’affirme que cette «vedette» ne me fait aucunement rire ? J’ajoute qu’il m’agace, que je ne le supporte pas et là, ça y est, on a cette envie de me pendre.

J’ai essayé pourtant. La fin du monde est à 7 heures… Le grand blond avec un show sournois… Le fric show… Le coeur a ses raisons… Et finalement, 3600 secondes d’extase. Rien n’y fait… Même que je dirais qu’à chaque fois, mon envie de gerber augmente d’un cran. Je le trouve suffisant, arrogant, tout sauf marrant.

Voulez-vous bien me dire ce que vous lui trouvez, vous qui l’aimez tant ?

Vous vous rappelez peut-être de mon billet de juin parlant des mésaventures de ma belle-mère avec Immigration Canada…

Hier, Foglia parlait du même genre de cas, bien que ce ne soit pas la première fois qu’il en glisse un mot. Sa réflexion était bien à propos :

Je me saisis de la circulaire, je lis le motif du refus. Motif : Vous ne m’avez pas convaincu que vous quitteriez le Canada à la fin de votre séjour si vous étiez autorisée à y séjourner.

Comment aurais-je pu convaincre qui que ce soit sans avoir jamais parlé à personne?

La dame derrière la vitre ne répond pas.

Qu’est-ce que je peux faire maintenant?

Lisez le formulaire, dit la dame.

C’est alors que je m’aperçois que ce refus s’accompagne d’une interdiction de refaire une demande de visa avant deux ans.

Je me sens humiliée. Triste. Fâchée. Des gens qui ne me connaissent pas viennent de me traiter de menteuse.

Notons avant toute chose qu’aucune faute ni aucun abus n’ont été commis ici. Dans cette non-histoire, les agents d’immigration ont agi en totale conformité avec le Règlement et avec la Loi canadienne sur l’immigration.

[...]

Et c’est toujours la même histoire de stricte application de la Loi de l’Immigration, la même histoire d’agents de l’immigration qui font leur travail, rien que leur travail, et se conduisent néanmoins comme des trous d’cul parce que la loi et le règlement les autorisent et même les encouragent à se conduire comme des trous d’cul, ce qu’ils font avec zèle et diligence parce qu’au fond, ce sont effectivement des trous d’cul.

Toujours la même histoire du plussssse beau pays du monde qui, dans ses ambassades, montre les vraies limites de ses nombreuses chartes de droits : de ce côté-ci de la vitre pare-balles du guichet, tous Canadiens quels que soient le sexe, la couleur de la peau, la religion, l’origine ethnique. De l’autre côté de la vitre, tous des bougnoules et des putains de menteurs.

Parce que vous, monsieur le chroniqueur, vous laisseriez entrer n’importe qui?
Non. Mais je ne traiterais pas les gens de menteurs sans preuve. Je ne traiterais pas de menteuse une dame qui ne m’a pas donné la plus petite raison de penser qu’elle ne disait pas la vérité. Et si j’avais malgré tout un doute, je me tournerais alors vers le répondant canadien : oublie pas bonhomme, t’es responsable.

Mais surtout, si j’en avais le pouvoir, avant tout chose, je commencerais par demander au personnel de toutes les ambassades canadiennes dans le monde de cesser de se conduire en assiégés, en connards de zouaves qui défendent l’entrée du paradis. Je leur demanderais un peu plus de modestie nationale. Je leur demanderais de ne pas fédérer leurs visiteurs en troupeaux et de ne pas japper après. Je leur demanderais de payer le café, de sourire, de moins s’agiter du drapeau, bref, d’être des Citoyens canadiens, mais en mettant bien la majuscule à Citoyen.

Rien à rajouter votre honneur… Ce cher Foglia ne pouvait dire mieux.

J’aurais tant à écrire, tant d’idées, tant de mots qui se bousculent… Mais trop peu d’ordre. Faut croire que l’abus des bonnes choses durant ces deux dernières semaines a foutu la vraie pagaille dans ma tête. Ça reviendra… Surtout avec la reprise de cette course à la vie, cette routine qui nous court après et nous rattrape bien qu’on s’efforce de la semer. Je vous souhaite tout de même une merveilleuse année 2008 et j’espère que la vôtre a aussi bien commencé que la mienne.

Ce qu’ils ont dit

La volonté est tellement libre de sa nature, qu'elle ne peut jamais être contrainte. (Descartes)

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