Vous vous rappelez peut-être de mon billet de juin parlant des mésaventures de ma belle-mère avec Immigration Canada…
Hier, Foglia parlait du même genre de cas, bien que ce ne soit pas la première fois qu’il en glisse un mot. Sa réflexion était bien à propos :
Je me saisis de la circulaire, je lis le motif du refus. Motif : Vous ne m’avez pas convaincu que vous quitteriez le Canada à la fin de votre séjour si vous étiez autorisée à y séjourner.Comment aurais-je pu convaincre qui que ce soit sans avoir jamais parlé à personne?
La dame derrière la vitre ne répond pas.
Qu’est-ce que je peux faire maintenant?
Lisez le formulaire, dit la dame.
C’est alors que je m’aperçois que ce refus s’accompagne d’une interdiction de refaire une demande de visa avant deux ans.
Je me sens humiliée. Triste. Fâchée. Des gens qui ne me connaissent pas viennent de me traiter de menteuse.
Notons avant toute chose qu’aucune faute ni aucun abus n’ont été commis ici. Dans cette non-histoire, les agents d’immigration ont agi en totale conformité avec le Règlement et avec la Loi canadienne sur l’immigration.
[...]
Et c’est toujours la même histoire de stricte application de la Loi de l’Immigration, la même histoire d’agents de l’immigration qui font leur travail, rien que leur travail, et se conduisent néanmoins comme des trous d’cul parce que la loi et le règlement les autorisent et même les encouragent à se conduire comme des trous d’cul, ce qu’ils font avec zèle et diligence parce qu’au fond, ce sont effectivement des trous d’cul.
Toujours la même histoire du plussssse beau pays du monde qui, dans ses ambassades, montre les vraies limites de ses nombreuses chartes de droits : de ce côté-ci de la vitre pare-balles du guichet, tous Canadiens quels que soient le sexe, la couleur de la peau, la religion, l’origine ethnique. De l’autre côté de la vitre, tous des bougnoules et des putains de menteurs.
Parce que vous, monsieur le chroniqueur, vous laisseriez entrer n’importe qui?
Non. Mais je ne traiterais pas les gens de menteurs sans preuve. Je ne traiterais pas de menteuse une dame qui ne m’a pas donné la plus petite raison de penser qu’elle ne disait pas la vérité. Et si j’avais malgré tout un doute, je me tournerais alors vers le répondant canadien : oublie pas bonhomme, t’es responsable.Mais surtout, si j’en avais le pouvoir, avant tout chose, je commencerais par demander au personnel de toutes les ambassades canadiennes dans le monde de cesser de se conduire en assiégés, en connards de zouaves qui défendent l’entrée du paradis. Je leur demanderais un peu plus de modestie nationale. Je leur demanderais de ne pas fédérer leurs visiteurs en troupeaux et de ne pas japper après. Je leur demanderais de payer le café, de sourire, de moins s’agiter du drapeau, bref, d’être des Citoyens canadiens, mais en mettant bien la majuscule à Citoyen.
Rien à rajouter votre honneur… Ce cher Foglia ne pouvait dire mieux.





3 comments
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17 janvier 2008 à 6:25
Loula la nomade
Salut Kennza,
Tu sais, mine de rien, on dirait qu’on les choisit ces agents d’immigration. Du temps où j’étais étudiante CIC (qui portait un autre nom à l’époque) avait perdu tout mon dossier. Deux mois plus tard, n’ayant aucune nouvelle, je vais confiante qu’on allait me délivrer mon visa. Hey hey (à prononcer à la ramocaine), eh bein non on a ouvert une enquête et après 6 autres mois j’ai eu droit à une séance devant juge. L’agent en question avait bien dit que le dossier avait été perdu durant le transport (sic) il a fallu que l’agent principal dise c’est une vrai farce qu’on lui délivre son visa et qu’on en finisse. Je me souviendrai tjrs de ce monsieur qui avait confiance en moi, il s’appellait Parent. Ce jour là, j’ai découvert une autre facette de ce pays que je dis mien. Manque d’effectif, xénophobie flagrante, totale inefficacité du sytème. Et si je n’avais pas rencontré mon homme cela ferait longtemps que je serais partie. On a beau se raconter des histoires, mais franchement le système est d’une nullité sans bornes, j’en sais quelque chose puisque pendant des années j’ai justement oeuvré en tant que bénévole (à raison de 6 heures par jour:-)) pour justement une immigration ouverte. C’est juste de la parlotte, rien dans les tripes.
Mwah
17 janvier 2008 à 6:39
Kennza
C’est clair que le système est à &*?$. Et c’est ainsi dans plusieurs sphères gouvernementales… malheureusement.
Dis donc, lorsque tu fais du bénévolat, tu t’y donnes à fond.
Le hey hey à la marocaine… hehehe Particulier celui-là… et juste dans ce cas.
18 janvier 2008 à 9:30
Loula la nomade
Kennza, oh que si je n’ai quitté le bénévolat que lorsque j’ai réalisé que j’étais en total “burn out” et aucune envie franchement de jouer l’immigrante de service.
Mwah