On est de bonne oreille. On s’investit émotionnellement au fil des histoires aussi dingues les unes des autres. Tout lui arrive, tuile après tuile, brique après brique. Après un café en sa compagnie qui nous a évidemment vidé, on se demande quand la vie va enfin l’épargner. Après quatre de ses coups de téléphone dans la journée, on est aux prises avec ses problèmes, on réfléchit et on se demande quand les choses se calmeront pour elle. Lorsque nos problèmes nous affligent, on a immédiatement à l’esprit ses mille malheurs et on se console. Puis au gré d’une pleine confiance qui s’installe, elle nous en confie encore plus chaque jour. Un voisin qui l’épie, une connaissance qui souhaite sûrement sa mort, une inconnue qui l’a bousculé dans une boutique certainement parce qu’elle lui en voulait d’avoir acheté le seul chandail qu’elle convoitait. On ne doute pas, elle nous le raconte alors qu’elle est encore sous l’effet de la colère et on la croit. On la croit malgré les caisses d’histoires qui s’empilent dans un placard de notre cerveau. Et plus ça va, plus les histoires se répètent, plus il y a acharnement. Une idée foule notre esprit, mais on la chasse rapidement en se culpabilisant d’y avoir même songé. Alors on l’appelle, on prend de ses nouvelles et l’on fait de la place dans un autre placard pour les boîtes à venir. Elle en profite et nous assaille à toute heure du jour. Les mois s’écoulent et on réalise qu’on suffoque. Elle nous a bourré, nous a asphyxié et c’est maintenant que notre instinct de survie prend les rennes et nous guide à travers les tumultes qu’un esprit malade a semé. Et on s’en veut. On s’en veut d’avoir investit autant. On s’en veut d’avoir été aussi naïf et de s’être laissé mener par les vagues de ses délires et distorsions. On voudrait bien l’aider à cheminer vers les soins nécessaires pour le mal qui la ronge, mais on n’y peut plus rien. Elle a siphonné toute l’énergie qu’on avait et faut se l’avouer, rendu là, on préfère s’en éloigner. La maladie mentale n’est pas des plus faciles à côtoyer, surtout lorsqu’elle n’est pas traitée. Alors on coupe les ponts, on choisit de désormais penser à soi et sa famille et, à quelque part, on choisit de se protéger, car à ses yeux, l’on est désormais l’ennemi juré.
Ce qu'ils ont dit
La volonté est tellement libre de sa nature, qu'elle ne peut jamais être contrainte. (Descartes)
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8 comments
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3 mars 2008 à 4:52
Loula la nomade
Salut Kennza,
Oh que je connais le topo. Malheureusement, il nous faut faire preuve de patience.
Mwah
3 mars 2008 à 6:12
4
Elle souffre du trouble de personnalité limite?
3 mars 2008 à 6:17
kennza
@4: Si c’était ça… je dirais plus que ça tend vers la schizophrénie. Tsé quand c’est rendu que tu t’inventes des histoires et que tu te crois… que tout le monde t’en veux… tout le monde te tombe dessus… que tu cherches des mauvaises intentions à tout le monde, même les inconnus… Pas mal freak.
@Loula: Après bien de la patience, j’ai opté pour couper les ponts. La relation ne m’apportant rien. J’étais importante que comme vide-sac.
3 mars 2008 à 6:45
Loula la nomade
Kennza, je comprends ce n’est jamais facile ces situations. Mais, à un moment faut faire des choix et penser à nos petites familles.
Mwah
3 mars 2008 à 7:20
4
Loula a raison. Je crois que tu as pris la bonne décision. C’est pas facile les ruptures quand la maladie mantale est dans le portrait. Comme tu le dis, tu suis ton instinct de survie. C’est malheureux à dire, mais ces relations n’arrivent qu’à nous drainer notre énergie. Souhaitons qu’elle ira chercher l’aide professionnelle dont elle semble avoir grandement besoin.
6 mars 2008 à 5:28
Chocolyane
Dommage que je n’aie pas ton courriel, ton billet m’a beaucoup touché.
Malheureusement, comme je m’affiche, j’ose pas trop parler.
6 mars 2008 à 5:43
Chocolyane
Oh et, je viens de découvrir le blog de Riad Soussi-Gagnon, et je viens de lire un billet où, en commentaire, tu parles d’un test de français.
Tu crois que je pourrais le passer, par curiosité?
Je me souviens que l’examen de français final, au CSM, était une lettre de 6 pages à corriger. Nous ne savions pas le nombres d’erreurs qu’il y aurait dedans.
1ere erreur: on te l’offre. 2e erreur: -25. Ça prenait 85 % pour réussir… Je l’ai eu!
6 mars 2008 à 7:02
Kennza
Choco, écris-moi à lindissociable@gmail.com, je te répondrai avec mon email perso, plutôt que lui du blogue.
Pour ce qui est du test du français, nous avons ceux qui sont indiqués pour tous les enseignants et approuvés par le ministère de l’éducation et nous avons également les versions de tests pour le personnel de bureau et les professionnels. Bien évidemment, les gens peuvent le passer en tant qu’individu pour leur propre curiosité, mais c’est tout de même 70$ pour un test. Vous recevez une grille de correction détaillée qui indique les sections où vous avez fait des fautes, etc. Par contre, on ne remet pas le test avec les corrections dessus, simple question de confidentialité et d’éviter le plagiat. On ne peut refaire des nouvelles versions à chaque fois, car chaque version doit être évaluée par des spécialistes et approuvée par le ministère.
Voilà.